Si vous avez déjà terminé un segment vélo en triathlon et ressenti cette sensation étrange de courir avec des jambes en béton, vous comprenez instinctivement pourquoi les séances brick existent. Cet entraînement combiné est la clé pour transformer cette transition redoutée en un avantage compétitif. Que vous prépariez votre premier sprint ou que vous visiez un Ironman, la brick est la séance qui reproduit le plus fidèlement les exigences du jour de course — et pourtant, elle reste mal comprise et souvent mal exécutée par la majorité des triathlètes amateurs.
Dans ce guide, vous découvrirez exactement comment structurer vos bricks selon votre distance cible, avec des séances clé en main, un plan de périodisation sur 12 semaines et une stratégie nutritionnelle complète. L'objectif : que chaque brick que vous réalisez à l'entraînement vous rapproche de votre meilleur chrono le jour J.
Qu'est-ce qu'une séance brick en triathlon
La séance brick triathlon est un entraînement combiné où l'on enchaîne deux disciplines dos à dos, avec une transition minimale entre les deux. Le terme « brick » est ancré dans la culture triathlon depuis plusieurs décennies, et son origine fait l'objet de trois explications concurrentes. Contrairement à un simple enchaînement où l'on peut prendre son temps entre les deux efforts, la brick impose une transition rapide — idéalement moins de deux minutes — pour reproduire les conditions exactes de la compétition. C'est cette contrainte de temps qui la distingue d'un simple « double entraînement » dans la même journée.
Origine et signification du terme brick
Trois explications circulent dans la communauté triathlon pour expliquer l'origine du mot « brick ». La première attribue le terme au Dr. Matt Brick, un triathlète néo-zélandais pionnier de ce type d'entraînement dans les années 1980. La deuxième interprète BRICK comme un acronyme de Bike Run It Counts as Key workout. La troisième — et la plus viscérale — fait référence à la sensation de courir avec des « briques » dans les jambes après un effort cycliste intense. Quelle que soit la véritable étymologie, le terme s'est imposé universellement dans la communauté triathlon francophone et anglophone pour désigner cet entraînement enchaîné spécifique.
Les différents types de bricks
La brick vélo-course à pied est de loin la plus pratiquée, car la transition T2 est celle qui perturbe le plus les triathlètes : passer de la position assise et de la cadence de pédalage à la foulée de course crée un choc neuromusculaire majeur. La brick natation-vélo est plus courante chez les athlètes élite et en triathlon draft-legal, où la capacité à relancer immédiatement après la sortie d'eau est déterminante. Enfin, la brick course-vélo-course permet une distribution plus équilibrée de la charge musculaire sur la journée et s'avère idéale pour augmenter le volume de course sans accumulation excessive de fatigue.
Comparatif des types de séances brick en triathlon
| Type de brick | Disciplines enchaînées | Objectif principal | Quand l'utiliser |
|---|---|---|---|
| Vélo → Course | Cyclisme puis course à pied | Adaptation transition T2, simulation course | Toute l'année, priorité en build |
| Natation → Vélo | Natation puis cyclisme | Relance immédiate post-nage, T1 | Spécifique draft-legal, phase peak |
| Course → Vélo → Course | Course, vélo, puis course | Distribution charge, volume course | Phase base, gestion fatigue |
Brick vs entraînement classique mono-sport
Le stimulus physiologique d'une brick diffère radicalement d'une séance isolée. Lors d'un effort mono-sport, vos muscles fonctionnent dans un schéma moteur stable et prévisible. En brick, le passage du vélo à la course force votre système neuromusculaire à basculer brutalement d'un recrutement musculaire concentrique cyclique (pédalage) à un recrutement excentrique répété (impact au sol). Ce switch provoque un coût métabolique cumulé supérieur à la somme des deux efforts pris séparément. La fréquence cardiaque dérive, la perception de l'effort augmente, et votre cerveau doit recalibrer ses signaux de pacing — exactement ce qui se passe le jour de la course.
Pourquoi les bricks sont indispensables à votre progression
Les bénéfices d'un entraînement combiné triathlon vont bien au-delà de la simple « habitude » de courir après le vélo. Six mécanismes physiologiques et pratiques justifient l'intégration systématique des bricks dans votre plan d'entraînement, quel que soit votre niveau.
Adaptation neuromusculaire et simulation de course
Lorsque vous pédalez, votre cerveau synchronise vos muscles sur une cadence de 85 à 95 tours par minute dans un mouvement circulaire continu. Quand vous passez à la course, il doit basculer brutalement vers une fréquence de 170 à 180 pas par minute dans un mouvement d'impact vertical. Ce décalage explique pourquoi, lors de vos premières bricks, votre cerveau envoie des signaux de pacing complètement erronés : vous partez soit beaucoup trop vite (il compense la sensation de lenteur), soit beaucoup trop lentement (il est submergé par la fatigue perçue).
La répétition des bricks crée une adaptation neuromusculaire mesurable. Votre système nerveux apprend à recalibrer ses schémas moteurs plus rapidement, vos muscles développent une tolérance accrue au switch excentrique, et votre perception de l'effort post-transition se normalise. Cette adaptation est spécifique : aucun autre type d'entraînement ne peut la reproduire. La transition triathlon s'entraîne précisément en la pratiquant.
6 raisons de faire des bricks

Durabilité musculaire et découplage cardiaque
La run durability — ou durabilité en course — désigne la capacité à maintenir votre allure de course malgré la fatigue cumulée. C'est souvent le facteur limitant le jour de la course, particulièrement en longue distance. Les bricks développent cette qualité en exposant vos muscles et votre système cardiovasculaire à un effort de course dans un état de pré-fatigue contrôlé.
Le découplage cardiaque (cardiac decoupling) est l'indicateur clé pour mesurer cette durabilité. Il quantifie la dérive entre votre fréquence cardiaque et votre puissance ou allure au fil de l'effort : si votre FC monte alors que votre allure reste stable, le découplage augmente. Un découplage inférieur à 5 % en seconde moitié de course indique une bonne durabilité. Les bricks régulières améliorent ce ratio en entraînant votre organisme à gérer la fatigue accumulée. Une plateforme comme toacoach.com permet de suivre l'impact de chaque brick sur votre charge chronique (CTL) et d'observer l'évolution de votre découplage au fil des semaines.
Découplage cardiaque
Nutrition et gestion de l'effort en conditions réelles
La brick est le meilleur terrain d'essai pour votre stratégie nutritionnelle de course. À l'entraînement, vous pouvez tester différents gels, boissons et quantités de glucides sans la pression du chrono. L'absorption calorique varie significativement selon la fréquence cardiaque : au-delà de 80 % de votre FC max, votre système digestif ralentit considérablement. En brick, vous reproduisez exactement les conditions de course — effort vélo prolongé suivi d'une course avec un estomac déjà sollicité — ce qui vous permet d'identifier votre seuil de tolérance gastrique et d'ajuster votre hydratation bien avant le jour J.
Bénéfices prioritaires des bricks par profil d'athlète
| Profil | Bénéfice prioritaire | Fréquence recommandée | Focus principal |
|---|---|---|---|
| Débutant (< 6h/sem) | Découverte de la transition | 1 brick / 2 semaines | Adaptation neuromusculaire |
| Intermédiaire (6-10h/sem) | Amélioration du pacing post-vélo | 1 brick / semaine | Simulation de course |
| Confirmé (10-15h/sem) | Run durability et nutrition | 1-2 bricks / semaine | Découplage cardiaque et nutrition |
Comment structurer une brick selon votre distance de course
La structure d'une brick vélo-course à pied varie considérablement selon la distance que vous préparez. Le sprint exige de l'explosivité et des transitions rapides, tandis que l'Ironman requiert de la patience, de la durabilité et une gestion nutritionnelle irréprochable. Voici comment adapter vos bricks à chaque format de course.
Brick pour triathlon sprint et olympique
Pour les distances courtes, la philosophie est simple : bricks fréquentes, courtes et intenses. En sprint, le segment course dure rarement plus de 20 minutes en compétition — votre entraînement brick doit refléter cette réalité. Privilégiez des formats de type circuit avec plusieurs mini-bricks enchaînées : 15 minutes de vélo à haute cadence (> 90 rpm) suivies de 5 à 10 minutes de course, répétées 2 à 3 fois. Ce format développe l'explosivité de la transition et la capacité à relancer immédiatement à haute intensité. La séance brick triathlon débutant de 30 minutes est le format idéal pour découvrir les sensations sans accumuler une fatigue excessive.
En distance olympique, allongez les segments : 40 à 50 minutes de vélo avec des blocs au seuil, suivis de 15 à 20 minutes de course tempo. Le travail au seuil post-fatigue vélo est la qualité clé à développer. Terminez toujours par un negative split en course — c'est-à-dire une accélération progressive — pour ancrer de bonnes habitudes de pacing.
Brick pour 70.3 et Ironman
La brick longue distance est un exercice de patience et de discipline. Pour un 70.3, comptez 1h30 à 2h de vélo suivies de 30 à 45 minutes de course. Pour un Ironman, la portion vélo peut atteindre 3 à 4 heures, mais la course ne doit pas nécessairement être longue — 30 à 45 minutes suffisent pour obtenir l'adaptation recherchée. L'objectif n'est pas de reproduire la distance de course complète, mais de simuler l'état de fatigue dans lequel vous serez à T2.
La gestion du pacing est critique : adoptez un effort conservateur sur le vélo (75-80 % de votre FTP) pour arriver en course avec assez de ressources. Testez systématiquement votre stratégie nutritionnelle : gels, boissons, quantités de glucides par heure. La fréquence maximale pour une brick longue est d'une par semaine, et uniquement en phase de build. Au-delà, le risque de surentraînement augmente significativement.
Brick sur home trainer en hiver
L'hiver ne doit pas être une excuse pour abandonner les bricks. Le home trainer offre même des avantages uniques : la transition est quasi instantanée (quelques secondes entre le vélo et vos chaussures de course), les conditions sont parfaitement contrôlées, et vous pouvez programmer des intervalles variés pour casser la monotonie des rouleaux.
Une séance brick triathlon sur home trainer en hiver typique consiste en 45 à 60 minutes de vélo avec des variations d'intensité (type « over-under » autour du seuil), suivies d'une sortie course immédiate de 15 à 20 minutes. L'idéal est de courir en extérieur — le contraste entre l'environnement contrôlé du home trainer et les conditions réelles de course ajoute un stress thermique qui renforce l'adaptation. Si le temps est vraiment prohibitif, le tapis de course reste une option valable, bien que la biomécanique diffère légèrement de la course en extérieur.
Brick par distance de course

Séances brick détaillées par niveau et distance
Passons à la pratique. Voici cinq séances brick complètes, du format débutant au workout haute intensité, avec les zones précises, les durées et les objectifs. Chaque séance enchaînée triathlon a été conçue pour cibler une adaptation spécifique.
Séance brick débutant (sprint, 30 min)
Cette première brick est pensée pour découvrir la sensation de transition sans pression. L'objectif est simple : terminer le vélo, changer de chaussures rapidement, et courir en relâchant. Ne cherchez pas la performance — concentrez-vous sur le processus.
Séance brick intermédiaire (olympique, 1h)
Cette séance enchaînée cible le travail au seuil post-fatigue vélo. Le bloc vélo inclut une progression d'intensité qui simule la fin d'un segment olympique, suivie d'une course tempo où vous devez maintenir un effort régulier malgré la fatigue accumulée.
Séance brick longue distance (70.3/Ironman)
La brick vélo-course triathlon longue distance Ironman cible la durabilité et la nutrition. Le vélo est structuré autour de blocs « sweet spot » à 80-85 % du FTP, avec une attention particulière à la prise alimentaire régulière. La course qui suit reproduit l'effort du début de marathon post-vélo.
Triple brick haute intensité (courte distance)
Ce workout brick triathlon est réservé aux athlètes ayant déjà plusieurs mois de bricks au compteur. Trois cycles vélo-course avec une intensité croissante — 80 %, 90 %, 95 % — qui développent la vitesse de transition et la capacité à relancer sous fatigue.
Brick inversée course-vélo-course
L'entraînement enchaîné vélo-course sous format inversé offre une alternative intelligente pour augmenter le volume de course sans surcharger les jambes. La première course pré-fatigue les muscles, le vélo sert de récupération active relative, et la seconde course teste votre capacité à relancer sur des jambes déjà sollicitées.
Fréquence, intensité et périodisation des bricks
Savoir combien de bricks par semaine triathlon intégrer dans votre plan est crucial pour progresser sans basculer dans le surentraînement. La réponse dépend de votre phase d'entraînement, de votre volume total hebdomadaire et de votre distance cible.
Quand introduire les bricks dans votre plan
L'introduction des bricks suit une logique de périodisation claire dans un plan d'entraînement brick triathlon sprint 12 semaines ou plus. En phase de base (semaines 1 à 4), limitez-vous à des enchaînements doux : un vélo suivi d'une course facile, sans objectif d'intensité. C'est le moment de familiariser votre corps avec la sensation de transition. En phase de build (semaines 5 à 10), les bricks deviennent structurées : zones ciblées, durées précises, nutrition intégrée. C'est le cœur de la préparation spécifique. En phase de peak (semaines 11 à 12), réduisez le volume mais maintenez l'intensité — une dernière brick de simulation 10 à 14 jours avant la course. En taper, supprimez les bricks ou réduisez-les à un format symbolique de 20 minutes.
Plan de périodisation des bricks sur 12 semaines
| Semaine | Phase | Fréquence brick | Type de brick | Intensité | Volume vélo | Volume course |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1-2 | Base | 1 / 2 sem | Libre, zone 1-2 | Faible | 30-45 min | 10-15 min |
| 3-4 | Base | 1 / sem | Endurance | Modérée | 45-60 min | 15-20 min |
| 5-6 | Build | 1 / sem | Tempo | Modérée-haute | 60-90 min | 20-30 min |
| 7-8 | Build | 1-2 / sem | Seuil + nutrition | Haute | 90-120 min | 25-40 min |
| 9-10 | Build | 1-2 / sem | Simulation course | Haute | Distance cible | 30-45 min |
| 11 | Peak | 1 / sem | Simulation réduite | Race pace | 75 % distance | 20-30 min |
| 12 | Taper | 0-1 | Activation courte | Modérée | 30 min | 10 min |
Gérer la charge d'entraînement avec les bricks
L'impact TSS (Training Stress Score) d'une brick est supérieur à la somme de deux séances séparées, en raison de la fatigue cumulée et de la dérive cardiaque. Une brick de 90 minutes vélo + 30 minutes course peut générer un TSS de 130-150, contre 90-110 pour les mêmes durées réalisées séparément. Cette surcharge doit être prise en compte dans votre planification.
Le ratio charge aiguë/chronique (ATL/CTL) est l'outil de surveillance clé. Votre TSB (Training Stress Balance = CTL - ATL) ne doit pas descendre en dessous de -20 de manière prolongée. Un dashboard unifié comme celui de toacoach.com permet de visualiser l'évolution de votre CTL, ATL et TSB après chaque brick et d'anticiper les risques de surcharge. Si votre TSB plonge régulièrement en dessous de -30, c'est un signal clair que vos bricks sont trop fréquentes ou trop intenses pour votre charge chronique actuelle.
Signaux de surentraînement à surveiller
Votre corps envoie des signaux clairs quand la charge d'entraînement dépasse vos capacités de récupération. La brick triathlon récupération HRV lendemain est un indicateur fiable : si votre variabilité de fréquence cardiaque reste basse 48 heures après une brick, la récupération est incomplète. Surveillez également les allures qui stagnent ou régressent malgré un effort perçu croissant, la fatigue persistante au réveil, et les troubles du sommeil.
Le score de disponibilité (DRS) est un outil de décision précieux : en dessous de 60 %, reportez votre brick et remplacez-la par une séance de récupération active. Mieux vaut une brick annulée qu'une blessure de surentraînement qui vous éloigne de votre objectif pendant des semaines.
Calculateur de Zones
Nutrition, hydratation et récupération autour des bricks
La nutrition est le troisième pilier de la performance en brick triathlon, après l'entraînement et la récupération. Ce que vous mangez avant, pendant et après votre séance brick détermine directement la qualité de votre adaptation et votre capacité à enchaîner les entraînements.
Alimentation avant et pendant la brick
Le repas pré-brick doit être consommé 2 à 3 heures avant l'effort. Privilégiez des glucides complexes à index glycémique modéré (flocons d'avoine, pain complet, riz), une petite portion de protéines et un minimum de fibres et de graisses pour faciliter la digestion. Sur une brick de moins d'une heure, l'eau et éventuellement une boisson d'effort suffisent. Au-delà, le ravitaillement sur le vélo devient impératif.
Visez 30 à 60 grammes de glucides par heure sur le segment vélo, sous forme de gels, barres ou boisson énergétique. La clé est de commencer tôt — dès les 20 premières minutes — et de maintenir un apport régulier. Ajustez selon votre fréquence cardiaque : au-dessus de 80 % de votre FC max, réduisez la taille des portions et privilégiez les formats liquides, mieux tolérés par l'estomac. L'hydratation suit la même logique : 500 à 750 ml par heure, enrichie en électrolytes (sodium, potassium) quand la température dépasse 20 °C.
Chronologie nutrition avant, pendant et après une séance brick
| Timing | Quoi | Quantité | Objectif |
|---|---|---|---|
| 2-3h avant | Glucides complexes + protéines | 1-1,5 g glucides/kg | Remplir les réserves de glycogène |
| 30 min avant | Snack léger (banane, barre) | 20-30 g glucides | Maintenir la glycémie |
| Pendant vélo (> 1h) | Gels, boisson, barres | 30-60 g glucides/h | Alimenter l'effort, préserver le glycogène |
| Pendant course | Eau ou boisson isotonique | 200-300 ml / 20 min | Hydratation, prévention crampes |
| 0-30 min après | Shake protéiné + glucides | 20-30 g protéines + 40-60 g glucides | Fenêtre anabolique, reconstruction |
| 2h après | Repas complet équilibré | Glucides + protéines + légumes | Récupération complète |
Récupération post-brick et analyse
La fenêtre anabolique des 30 premières minutes post-effort est votre meilleur allié pour la récupération. Un apport de 20 à 30 grammes de protéines combiné à 40 à 60 grammes de glucides accélère la resynthèse du glycogène et la réparation musculaire. Un shake protéiné avec une banane et du lait fait parfaitement l'affaire.
Le protocole de récupération post-brick inclut : 10 minutes d'étirements doux (pas d'étirements profonds sur des muscles fatigués), douche froide ou alternée si vous la tolérez, compression des membres inférieurs pendant 30 à 60 minutes. Mais le facteur le plus important reste le sommeil : visez 7 à 9 heures la nuit suivant une brick intense. Le lendemain, contrôlez votre HRV au réveil. Si elle est significativement en dessous de votre baseline (plus de 15 % de baisse), la récupération n'est pas terminée — adaptez votre programme en conséquence. Un suivi automatisé de vos données de récupération permet de détecter ces patterns avant qu'ils ne deviennent problématiques.
Signaux de déshydratation à ne pas ignorer
Entraîner son estomac pour le jour de course
Votre estomac est un organe qui s'entraîne, exactement comme vos muscles. Si vous ne tolérez pas 60 grammes de glucides par heure en brick à l'entraînement, vous ne les tolérerez pas en compétition. La progression recommandée : commencez à 30 g/h lors de vos premières bricks longues, puis augmentez de 10 g chaque semaine jusqu'à atteindre votre objectif de course (60 à 90 g/h pour les longues distances). Reproduisez les conditions de course : même marque de gel, même boisson, même timing. Adaptez selon la chaleur (réduisez les solides et augmentez les liquides quand il fait chaud) et l'intensité (réduisez les apports quand vous êtes au-dessus de 80 % FC max).
Les erreurs qui sabotent vos bricks (et comment les éviter)
Même les triathlètes expérimentés commettent des erreurs en brick. Voici les sept plus fréquentes, leurs conséquences et les corrections à appliquer immédiatement pour tirer le maximum de chaque enchaînement triathlon.
Erreurs de pacing et de transition
Erreur n° 1 : partir trop vite en course. C'est l'erreur la plus universelle. Après 60 à 90 minutes de vélo, votre cerveau est calibré sur la cadence de pédalage et interprète mal les signaux de pacing en course. Résultat : vous partez 15 à 20 secondes plus vite que votre allure cible, vous accumulez du lactate, et vous explosez après 10 minutes. La correction : imposez-vous un negative split systématique. Les 5 premières minutes doivent être volontairement lentes, avec une foulée courte et une cadence élevée (> 170 pas/min).
Erreur n° 2 : négliger la transition. Une transition bâclée qui dure 5 à 10 minutes au lieu de moins de 2 minutes ruine l'intérêt de la brick. Préparez votre zone de transition avant de monter sur le vélo : chaussures ouvertes, casquette prête, gel dans la poche. Entraînez-vous à la transition T2 aussi sérieusement que vous entraînez vos jambes.
Erreurs de planification et de charge
Erreur n° 3 : faire des bricks trop longues trop tôt. Une brick de 3 heures dès la première semaine de préparation est une recette pour la blessure. Progressez : commencez par 30 minutes totales et augmentez de 10 à 15 % par semaine.
Erreur n° 4 : remplacer toutes les séances course par des bricks. Pour progresser en course à pied, vous devez aussi courir sur des jambes fraîches. Les bricks développent la durabilité, mais le fractionné et les sorties longues sur jambes fraîches développent la VMA et l'endurance fondamentale. Maintenez 2 à 3 séances de course pure par semaine.
Erreur n° 5 : ne pas adapter à la distance cible. Une brick sprint et une brick Ironman n'ont rien en commun. Structurez vos bricks en fonction de votre objectif de course, pas d'un modèle générique.
Erreur n° 6 : ignorer la charge cumulée. Deux bricks intenses dans la même semaine sans surveillance de votre CTL/ATL, c'est naviguer à l'aveugle. Utilisez un outil de suivi de charge d'entraînement pour visualiser l'impact réel de vos bricks sur votre forme.
Erreurs de nutrition et de récupération
Erreur n° 7 : ne rien manger ou boire pendant la brick. Chaque brick de plus de 60 minutes est une opportunité d'entraîner votre système digestif. Ne pas tester votre nutrition en brick, c'est prendre le risque de découvrir une intolérance le jour de la course — quand il sera trop tard pour changer de stratégie. Mettez en place un protocole nutrition systématique et testez-le à chaque brick longue.
7 erreurs à éviter en brick

Questions fréquentes
Une séance brick consiste à enchaîner deux disciplines sans pause significative, le plus souvent le vélo puis la course à pied. Préparez votre zone de transition à l'avance (chaussures, casquette, nutrition). Terminez le vélo, changez d'équipement en moins de 2 minutes, puis partez courir. Commencez par un effort modéré pour laisser vos jambes s'adapter à la nouvelle gestuelle avant d'accélérer progressivement.
En phase de construction (build), une à deux bricks par semaine suffisent pour la majorité des triathlètes amateurs. En phase de base, une brick légère toutes les deux semaines permet d'entretenir l'adaptation. Réduisez à zéro pendant le taper. Le facteur limitant est votre volume total : en dessous de 8 heures par semaine, ne dépassez pas une brick.
La durée dépend de votre distance cible. Sprint : 30-45 minutes (20 min vélo + 10 min course). Olympique : 1h-1h30 (50 min vélo + 20 min course). 70.3 : 2h-3h (1h30-2h vélo + 30-45 min course). Ironman : 3h-5h (2h30-4h vélo + 30-45 min course). La portion course ne doit pas nécessairement être longue — l'objectif est l'adaptation à la transition.
Pas nécessairement avant chaque course, mais les bricks doivent faire partie de votre préparation spécifique. Introduisez-les au minimum 8 semaines avant votre objectif principal. La dernière brick significative devrait avoir lieu 10 à 14 jours avant la course, pendant la phase de taper, avec un volume réduit mais une intensité proche de l'allure cible.
La sensation de jambes lourdes (dites « jambes en béton ») est normale et diminue avec la pratique. Pendant les premières minutes de course, adoptez une foulée courte et une cadence élevée (> 170 pas/min). Visez un effort perçu modéré plutôt qu'une allure cible. Les 3 à 5 premières minutes sont les plus difficiles — la sensation s'estompe ensuite. La répétition des bricks réduit progressivement cette phase d'adaptation.
Oui, les bricks sur home trainer sont même recommandées en hiver. L'avantage est la rapidité de transition (quelques secondes entre le vélo et le tapis ou la sortie course). Programmez des intervalles variés sur le vélo pour briser la monotonie, puis enchaînez avec 10 à 20 minutes de course. C'est aussi l'occasion de travailler les automatismes de transition dans un environnement contrôlé.
Sur une brick de moins d'une heure, l'eau suffit généralement. Au-delà, visez 30 à 60 grammes de glucides par heure sur le vélo (gel, boisson énergétique ou barre). Buvez 500 à 750 ml par heure selon la chaleur. La brick est le meilleur moment pour tester votre stratégie nutritionnelle de course : si votre estomac ne tolère pas un apport à l'entraînement, il ne le tolérera pas le jour J.
Non. Les bricks complètent l'entraînement course mais ne le remplacent pas. Pour progresser en course, vous devez aussi courir sur des jambes fraîches (sorties longues, séances de seuil, fractionné). Un triathlète qui ne fait que des bricks plafonnera en course à pied. La recommandation est de maintenir au moins deux à trois séances de course pure par semaine, en ajoutant une à deux bricks en complément.

